Quelle belle journée!! Vous êtes sorti pour aller à la bibliothéque (version des syndicats,selon les autorités vous êtes juste sorti voir des amis). Mais trés rapidement vous apercevez au loin une personne de sexe féminin, qui se dandine comme se dandine passe-partout quand il a plus de 7 clefs à son anneaux.Maquillée comme le pére Fourasse (oui il ne faut pas croire tout ce que l'on dit, cet homme n'a pas réellement 400ans!), et suppportant une pression de 10 G à cause du poids de ses bijoux jaune ,elle est en approche.
Vous transpirez, car vous êtes comme la plupart des gens, oui, vous avez peur du Vide!! Hors le Vide s'approche prêt à vous néantiser...Ca y est elle fait deja des gestes...Tout le monde la regarde, vous vous dites qu'elle doit aimer ça.Bref, vous êtes un philosophe, c'est votre quotidien que d'avoir affaire à des gens qui se croient normaux alors qu'ils ne sont que des pages blanches sur lesquels la société de consommation et les publicitaires écrivent ,effacent puis réécrivent à leur guise.C'est sur les gens qu'on voit l'horreur d'une époque. Et sur elle on la voit sous la forme la plus "pure".
Mais cessez donc de la juger sur son apparence!! Elle s'approche pour vous saluer! Desuite c'est le choc, elle vous fait la bise en appuyant grossiérement sur votre joue et en mettant sa main sur votre épaule, cela vous répugne profondément, ses cheuveux secs (et/ou gras, ça dépend des zones) vous irritent le visage comme si on vous le pressait contre une éponge de cuisine usagée du coté vert.Tout de suite, c'est le pas en arriére, le pas nommé "pas de sécurité" ou "pas de force majeure", ou bien encore le "pas anti-radiation", vous espérez ainsi protéger vos organes vitaux d'une infection.
Elle prend la parole, "Putain ça faisait longtemps, qu'est ce que tu branles maintenant?"...Desuite c'est la consternation...Les gros mots sont ancrés dans son langage comme autant de petits carrés de céramique au sein d'une mosaîque, sauf que là le résultat équivaut à faire une mosaique monochrome.
Vous répondez dans un soucis de rigourisme intellectuel,tu veux dire :"quelle activité me prend la majeure partie de mon temps?". A ceci elle retournera " Euh...Ben questu fou quoi? ".Vous insistez lourdement, d'ailleurs vous pouvez vous le permettre, cet être est incapable de second degrés,selle ne comprend l'humour que trés rarement (et sous ses formes les plus primitives, souvent comiques de geste, de situation, vous dites donc : " Je comprends mal, tu désires connaitre mon cursus scolaire ou bien seulement mes hobbis et autres passe-temps culturels?"
Elle a visiblement atteint son point de rupture intellectuel, son vocabulaire est complétement inondé de signaux dont elle ignore le sens, ces mots qui s'additionnent au sein de votre bouche lui paraissent bien trop pompeux, trop doctes.Vous pensez rapidement à ces mots de l'auteur du Tractus-logico-philosophicus, Wittgenstein qui déclarait deja que : «Les limites de ma langue sont les limites de mon monde ». Phrase O combien descriptive de la jeune femme que vous avez en face de vous, son environnement doit favoriser cette chute terrible du niveau de la pensée ...Si bien qu'elle n'est plus qu'une sorte d'éponge capable de ne rejetter que ce qu'on lui a imposé d'absorber.
Tout à coup, vous sentez votre cage thoracique résonner (non vous ne tombez pas amoureux de la geunon), vos oreilles sont agréssées d'un son crispant, visiblement une voiture dérape aux abords de la rencontre du 8eme type. Un rapide coup d'oeil, c'est le copain de la geunon....Il descend activement la manivelle de sa vitre teintée bleue azur, et scande à sa comparse : "T'es encore entrain de faire la pute, monte ton cul à l'arrière je te raméne à la baraque".
Sans dire mot, juste en vous jettant un bref coup d'oeil, elle monte docilement à l'arriere du véhicule insalubre, ses yeux semblent d'un coup remettres en question la base de la pensée Moderne "Je pense donc je suis".
Ce regard est en effet plutot post-moderne et cette phrase vous vient :" Si les limites de mon langage sont les limites de mon monde,les limites de ma pensé sont les limites de mon entourage".